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Les dirigeants de Hawkesbury vivent en bunker

Le Carillon, mercredi 2 juillet 2008

Les dirigeants de Hawkesbury vivent en bunker
Le développement économique en serre fermée
par robert.savard@eap.on.ca

Il y a un malaise à Hawkesbury, on le sent bien.

Les industries qui ont fait les heures de gloire de la municipalité, il y a quelques décennies, ont déguerpi. C'est-à-dire qu'elles se sont éclipsées en laissant les lieux dans un piteux état. En bons citoyens corporatifs, ces entreprises ont donné du travail à des centaines de personnes. Elles ont payé des sommes importantes en taxes municipales, chaque année.

La rue Principale, à Hawkesbury, était bondée de monde. Il fallait de nombreuses minutes pour traverser le centre-ville, qui était le lieu de rendez-vous par excellence. En ce temps-là, tous prévoyaient un avenir sans nuages pour Hawkesbury.

Cette histoire est romancée. De fait, est elle calquée sur celle de bien d'autres municipalités, au Québec notamment. Sept-Îles, Port-Cartier, Kénogami, Sherbrooke, Québec, Trois-Rivières, Thetford Mines, pour ne nommer que celles-là. Toutes ont goûté à la même médecine : une ou des multinationales, la mamelle de toute une classe ouvrière, fermaient inexorablement leurs portes.

Mais, on peut s'en remettre. Il existe une recette qui a déjà fait ses preuves et qui, si elle est bien exécutée, va remettre toute une région sur ses rails. Il faut toutefois une bonne dose d'humilité, au départ, et se dire qu'on n'est pas le nombril du monde.

Plus on est de fous, plus on rit.

Il faut mettre sur pied un plan de développement économique et s'y tenir. Mais, par-dessus tout, il faut être transparent. Car l'épanouissement d'une région ne peut être l'apanage d'un groupuscule. C'est le résultat d'une démarche concertée.

Les séances de brainstorming, les Lacs à l'Épaule et les focus groups n'ont pas été inventés pour le seul plaisir de tuer du temps.

Ce sont des méthodes qui ont fait leurs preuves. Leur but est de mettre le plus de matière grise possible au service d'une seule et même cause. Les résultats ne font aucun doute. Il n'y a qu'en recherche pure qu'il est de bon aloi de garder le silence, parce que là, au moins, on a un secret à garder.

À Hawkesbury, c'est tout le contraire. Tout se fait derrière des portes closes, à voix basse. On ne dit rien, car « on ne sait jamais! »

Les initiatives visant à sortir la région de son marasme, même si elles sont probablement fort louables, sont réalisées en cachette et bien peu de gens réussissent à savoir de quoi il en retourne exactement. On peut dire, à la blague, que si on demande à un représentant de la municipalité s'il fera beau demain, il pourrait bien nous répondre « Si je te le dis, il faut que je te tue! »

Ces méthodes, ou tout doit demeurer strictement confidentiel parce que le dossier est trop complexe ou trop sensible, sont tout simplement rétrogrades et absentes de fondement.

Elles ne font qu'accentuer le sentiment de défiance envers les responsables du développement économique et installer un sentiment d'intense morosité. Et c'est bien cela qui fait de la peine à voir : une population morose qui a perdu confiance en ses politiciens et ses hauts fonctionnaires.

Par contre, une politique axée sur la transparence et la discussion a tout l'effet contraire. Les gens se sentent davantage concernés, ont confiance envers leurs commettants et ont davantage envie de prendre part à la réussite potentielle de la région. On appelle cela l'effet « boule de neige » ou « contagion ».

Le meilleur exemple se trouve probablement à Sept-Îles. Cette ville de la Côte-Nord du Québec a perdu une méga entreprise, Iron Ore, qui a fermé son usine de bouletage. Plus de 500 emplois perdus, sans compter les coupures à Mines Wabush. Les logements se vidaient, les maisons à vendre étaient de plus en plus nombreuses et on craignait que la municipalité se retrouve en faillite technique.

Toutefois, la Corporation de promotion industrielle et commerciale s'est mise à l'ouvrage et, en tenant informé le grand public et les médias de chaque étape de leurs démarches, leurs membres ont réussi à obtenir...une aluminerie!

450 emplois magnifiquement bien payés et la prospérité pour des années et des années. Aujourd'hui, si on demande aux responsables d'expliquer leur secret, ils répondent tous en chœur : « la concertation ».

Ici, il n'est pas trop tard. Il suffit de changer la mentalité du « pas de commentaire », « on ne peut pas te le dire » ou du « c'est bien trop complexe » pour réaliser une tentative d'ouverture sur le monde.

Au début, peut-être, le soleil sera aveuglant en sortant du « bunker ». Mais, le jeu en vaut la chandelle. Au lieu de ne rencontrer que des regards méfiants et chargés de reproches, nos décideurs auront sûrement davantage de plaisir à voir des visages souriants et d'entendre « Bravo! Nous sommes derrière vous ! »

En bref, la population de la région a le droit de savoir, en tout temps, quelle est l'utilisation qu'on fait des biens publics.En tant qu'élu, le conseil municipal ne peut plus se dissimuler derrière des portes closes.

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