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Il n’y aura pas d’arbitrage...mais ne baissons pas les bras

Le Carillon, mercredi 27 août 2008

Il n'y aura pas d'arbitrage...mais ne baissons pas les bras
par robert.savard@eap.on.ca

«Ne gaspillez pas votre énergie en arbitrage. Mais, continuez de surveiller de près le travail de nos élus. » Ce sont, en essence, les principaux commentaires exprimés suite à la parution de notre plus récent texte intitulé « L'arbitrage est-il nécessaire?», dans l'édition du 5 juin dernier du Carillon.

Unanimement, les répondants à notre question ont reconnu la rigueur du travail journalistique réalisé en rapport avec le dossier Amoco/Goldmanco. Le droit du public à l'information a été respecté. C'était le plus important. Pour le reste, «souhaitons que le conseil municipal et les hauts fonctionnaires de Hawkesbury auront compris le message», nous a-t-on écrit. D'autres sont allés plus loin, mentionnant « qu'il ne faut plus que pareille chose se produise. Si vous avez l'impression que nos droits sont bafoués, il faut que vous réagissiez. »

Ce dernier commentaire, pour pertinent qu'il soit, mérite qu'on s'y attarde davantage. Si le conseil municipal - et les autres avant lui - s'est emmuré dans un bunker et se sent le droit de faire à sa guise sans s'inquiéter outre mesure de l'opprobre, c'est qu'il se sent cautionné d'une certaine façon. Si les journalistes ne relèvent jamais une anomalie ou ne s'indignent pas du «pas de commentaire» qui suit habituellement une prise de décision, il y a un problème. De plus, lorsqu'un journaliste va jusqu'à ne dire que du bien d'un haut fonctionnaire pour ne pas l'indisposer et, ainsi, tarir sa source, cela devient carrément malsain.

Aussi, si les citoyens ne questionnent pas les gestes posés par leurs élus, c'est une autre forme de problème. Les politiciens auront beau dire «j'ai été élu et j'ai un mandat de ma population», ils ont raison jusqu'à preuve du contraire. On peut dire à une huître qu'elle ne sera pas mangée, cela demeure vrai tant qu'elle n'est pas dans l'assiette. Un politicien est assis sur un siège éjectable, pour peu que ceux (ou celles) qui l'y ont assis surveillent un tant soit peu ses faits et gestes.

Toutes les décisions que prennent pour nous - et notre plus grand bien - nos politiciens ont un impact direct sur notre compte de taxes. L'attitude qu'adoptent actuellement nos politiciens a de quoi inquiéter, surtout lorsqu'on répond presque que «ce n'est pas de vos affaires» quand on essaie d'en savoir davantage. Il y a des limites à prendre les contribuables pour des valises.

Il est temps que la population emboîte le pas au Carillon et aille aux assemblées publiques poser les questions. Les vraies questions. Celles auxquelles on ne veut pas répondre. Ce n'est qu'à force de se faire harceler que le conseil municipal - et les hauts fonctionnaires municipaux - vont changer d'attitude et peut-être sortir de leur bunker afin de voir la lumière poindre à travers les nuages. Il faut toutefois mentionner qu'un changement d'attitude semble s'observer à l'hôtel de ville. Les informations sont de plus en plus faciles à obtenir. Il y a bien encore quelques irréductibles qui s'enferment dans le sempiternel «c'est une information confidentielle», mais il y a de l'espoir.

Hawkesbury est à la croisée des chemins. Des décisions importantes, voire cruciales, sont sur le point d'être prises. On n'a qu'à penser à l'usine de traitement des eaux usées, le développement du littoral de la rivière des Outaouais et la dépollution des terrains de la CIP. Ce sont des décisions cruciales qui vont avoir une incidence sur la vie de tous les citoyens. Dans une tentative d'ouverture, la municipalité organise des rencontres publiques et tente par tous les moyens de tenir la population bien informée. Le Carillon, de son côté, se tient à l'affut de toute information pertinente. Ainsi, il est virtuellement impossible de ne pas savoir ce qui se passe à l'hôtel de ville.

Bien qu'il soit facile de lancer la pierre aux élus municipaux, il faut également être pragmatique et leur donner le crédit quand ils le méritent. Il y a plusieurs dossiers, plus récents, ou la transparence et le désir d'informer le public a été au centre des priorités. Un bel exemple est l'usine de traitement des eaux. La municipalité attend vos commentaires et s'engage à en tenir compte lors de la prise de décision. C'est là une attitude digne de mention.

Dans d'autres dossiers, comme les terrains d'Amoco, la politique du secret absolu a eu les résultats qu'on connaît : une entente qui permet à une entreprise multinationale de bloquer tout développement commercial, si elle n'est pas en mesure de le faire elle-même. Parce que c'est là ou le bât blesse. Si Goldmanco ne réussit pas à développer elle-même le site, ou si elle n'en a pas l'intention, elle peut faire traîner le dossier en longueur et, pendant ce temps, couper l'herbe sous le pied d'un développeur potentiel. Ici, on peut facilement penser à Smart Centres, qui s'est fait éconduire poliment lorsque l'entreprise a démontré de l'intérêt pour les terrains de l'ancienne usine fabrication de sous-tapis.

En bref, il est certain que le conseil municipal doit opérer un virage à 180 degrés dans sa façon de gouverner. Mais, comme concitoyens, il est primordial de démontrer un peu plus d'intérêt pour la chose municipale et, lorsque cela est nécessaire, donner à nos élus ce petit son de cloche qui leur donnera l'impression qu'ils ne sont pas seuls à ramer.

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